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Couloir Arlaud-Souriac, Vignemale.



Escalade sur glace, goulotte, Pyrénées, face nord, vignemale
Dernière longueur de glace, couloir Arlaud souriac

C'est un itinéraire majeur de la face nord du Vignemale et une grande classique des Pyrénées. Long de six cent mètres, il se décompose en une première partie de glace de quatre cent mètres avec des passages à 80º et fini par un couloir de neige à 50º sur deux cent mètres environs.



L'approche se fait par la vallée de Gaube. Déjà longue en été, elle se

Aproche jusqu'au refuge des Oulettes de Gaube
Sentier Lac de Gaube

fait encore plus pénible sur les derniers plateaux quand la neige devient printanière et absorbe nos efforts d'ascension. Mais la vue sur cette grande face nous attire inlassablement jusqu'au refuge. Aux Oulettes nous nous installons dans la partie hiver qui est plutôt agréable et nous profitons sur la terrasse des derniers rayons de soleil de la journée en discutant avec Rémy Laborde qui vient de faire la voie avec des clients. Nous passons un bon moment et il nous donne quelques conseils, "la traversée de sortie de la goulotte se protège bien avec un universel, vous allez bien vous amuser". c'est toujours agréable de se faire coacher par un grand nom de nos montagnes.



En fin d'après midi, alors que nous préparons nos affaires, arrive de manière triomphante un grand monsieur et rentre dans le refuge en faisant une annonce seigneuriale: "Madame, Monsieur, vous avez la chance ce soir d'être accompagné par Serge Casteran!!!".

Relais sur glace avec piolet traction
Premier relais, couloir Arlaud Souriac

Cette arrivé nous laisse un peu dubitatif mais il faut bien reconnaitre que c'est un sacré bonhomme. Il est l'auteur d'ouvertures majeures et s'est fait un grand nom de glaciériste. Normal donc de le voir dans le coin. Le soir, tous attablé devant notre popote, nous écoutons les discussions:

"Rémi L.: Combien de broches as-tu pour demain?

Serge C.: J'en ai pris deux mais je ne sais pas si je vais les utiliser..."

Nous nous regardons avec Pierre un peu perplexe. On en a pris dix et j'espère qu'on en aura assez. En effet, si les longueurs font soixante mètres, il en faut deux pour le relais, six pour la longueur et deux autres pour le relais suivant. Ça fait une broche tous les dix mètres sur des pentes à 80º où comment se forger un bon mental montagne. Notre choix reste correct je pense et nous prenons la réponse de Serge comme une petite vanne de Pyrénéiste.



Levé 4h15. Derrière la fenêtre nous apercevons déjà une cordée qui se dirige vers la face. il n'ont pas dormis au refuge donc ils viennent forcement du pont d'Espagne!!??!! Ils vont se mettre une bonne journée dans les pattes ceux-la. Depuis le refuge il faut compter 1h30 d'approche jusqu'à l'entrée du couloir. Nous évoluons rapidement et rattrapons la cordée de Serge parti une demi heure avant. La rimaye se passe bien par la gauche en réalisant une enjambé un peu athlétique.

Un premier relais suspendu rive gauche et nous voila dans le Game. Cette goulotte est tout simplement magnifique, profonde, enfoncée dans la face, les longueurs s'enchainent et serpentent entre les ressauts. Quelques passages un peu raide entrecoupe l'itinéraire mais les difficultés sont assez homogènes. Plus on monte, plus les parois se rapprochent. Cette sensation nous aide a gommer la hauteur et réconforte l'ascension. À chaque fois, nous tirons toute la longueur possible avec les cordes pour gagner du temps mais cela ne suffit pas pour continuer à suivre la cordée de Serge. Ils nous distancent jusqu'à disparaitre. Ont-ils vraiment deux broches???


La fin de la partie glace est tous simplement le plus beau morceaux de l'itinéraire. Où le mot goulotte prends tous sont sens. Assez large pour nous laisser passer mais assez étroit pour nous permettre de grimper en trois dimensions. C'est Génial!!! À la sortie m'attends la fameuse traversée commenté la veille avec Rémi. Je m'approche sur la marche et analyse le pas. En effet, une fissure en rocher un peu pourri offre l'emplacement pour une protection. À ce moment là je me trouve sur le plus beau promontoire de la voie. Surplombant toute la partie glace que nous venons de grimper et apercevant la sortie dans le couloir de neige. Quelle magie, c'est dément!!! Je suis bien ici mais il faut que je passe ce pas pour sortir des difficultés. À la place d'un piton universel je pose un micro friends qui parait pouvoir faire le Job. Je lance les piolets sur la droite, lève les pieds, cale les pointes des crampons sur des reglettes pour un moment de lévitation au dessus du vide et passe sans encombre. La qualité de la neige est bonne mais pour passer ce pas de Mixte j'ose imaginer les choses plus complexes avec une neige plus fuyante.




Dans la deuxième partie, seul deux petit ressauts freinent un peu l'évolution. La suite de l'ascension est rapide et régulière jusqu'au col et la Pointe Chausenque. De là nous descendons sur le glacier d'Ossou. En milieu de journée la neige est déjà trop humide, le manteau se transforme et devient instable. Nous abandonnons l'idée de passer par le Pas des Isards, trop raide et exposé et nous traversons pour récupérer l'itinéraire de Baysselance. La monté à la Hourquette d'Ossou est longue dans cette neige et nous sommes content d'entamer la descente jusqu'aux Oulettes de Gaubes.



Au refuge on se rend compte que le Serge nous a mit plus d'une heure dans les dents sur la boucle. À soixante-cinq ans ils se défendent encore très bien les types!! On fait sécher un peu les chaussures, on reprend des forces et on est reparti jusqu'à la voiture. Done.



Face Nord du Vignemale depuis la vallée de Gaube
Face Nord du Vignemale - Itinéraire Arlaud Souriac






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